dimanche 24 avril 2011

Retour de Ready Take / Sunday Brunch #13

Bonjour à tous,

Après un long moment d'absence, dû à mon voyage au Burkina, et à mon retour du Burkina..., je relance Ready Take grâce au Sunday Brunch d'aujourd'hui.

Le menu du jour est posé, organisé, reconstitué et dynamique : je vous invite à découvrir Edouard Levé, à la fois auteur et photographe (français).




Selon Télérama qui lui a consacré un article, Édouard Levé, "artiste marqué par la souffrance du double et du dédoublement, place ce trouble au cœur de son travail. D'abord très conceptuel, il met volontairement fin à une carrière de peintre abstrait (« j'ai brûlé quasiment toutes mes toiles »), et se lance dans la photographie en couleur, composée en intérieur, avec des modèles en vêtements de ville, posant sur un fond uni, souvent dans des postures en lien avec un sport (Rugby) ou une activité (Pornographie)."




Le menu du jour propose un dessert littéraire et poétique : lisez les oeuvres d'Edouard Levé, ça passe tout seul.

Extrait :
“Adolescent, je croyais que "la Vie mode d'emploi" m'aiderait à vivre, et "Suicide mode d'emploi" à mourir. J'ai passé trois ans et trois mois à l'étranger. Un de mes amis jouit dans la trahison. J'oublie ce qui me déplaît. J'ai peut-être parlé sans le savoir avec quelqu'un qui a tué quelqu'un. Je vais regarder dans les impasses. Ce qu'il y a au bout de la vie ne me fait pas peur. Je n'écoute pas vraiment ce qu'on me dit. J'ai parlé à Salvador Dali à l'âge de deux ans. Décrire précisément ma vie me prendrait plus de temps que la vivre. La date de naissance qu'indique ma carte d'identité est fausse. Je ne sais pas sur qui j'ai de l'influence. Je parle à mes objets lorsqu'ils sont tristes. Je ne sais pas pourquoi j'écris. Je suis calme dans les retrouvailles. Je n'ai rien contre le réveillon. Quinze ans est le milieu de ma vie, quelle que soit la date de ma mort. Je crois qu'il y a une vie après la vie, mais pas une mort après la mort. Je ne demande pas si on m'aime. Je ne pourrai dire qu'une fois sans mentir " je meurs ". Le plus beau jour de ma vie est peut-être passé.

Un dijo pour le retour ! Une illustration de ce texte...

Bonne dégustation et bon dimanche